21/04/2005

Les diables d'Amarante

Jusqu’en 1809 existait au monastère de S. Gonçalos, un couple de diable.

A l’époque des invasions françaises, les soldats français de Loison passèrent par Amarante en direction du Largo de Canavezes.

Ils décidèrent d’attaquer la ville, détruisant tout ce qui se trouvait sur leur chemin.

Comme ils détestaient les frères, ils allèrent au monastère de S. Gonçalo, prirent les diables, les vêtirent d’habits de moine volés et ils les firent brûler en formant des processions dans les rues de la ville.

Quand les Français furent expulsés du Portugal, les moines de la ville demandèrent au Maître António Ferreira Carvalho de fabriquer les mêmes diables que ceux brûlés par les Français.

Le Maître accepta et il les fabriqua avec un trou sur le sommet du crâne sans doute pour y placer une croix ou une chandelle.

Le 24 août, le jour où le diable est de sortie, la ville d’Amarante ne travaillait pas comme lors d’un jour saint. Ils faisaient des offrandes aux diables.

Lors de l’année 1870, l’archevêque de Braga, D. José de Moura, trouva les diables trop indécents pour rester près des Saints du monastère et il ordonna qu’on les brûle.

Cependant cet ordre ne fut pas suivi.

On  mutila seulement les organes sexuels du couple.

Un Anglais (je suppose de passage) les trouva intéressant et les acheta.

Les diables partirent pour l’Angleterre et ce malgré les protestations du peuple.

Quelques temps après, les diables revinrent chez eux sous les réjouissances populaires.

Pour fêter ce jour, vinrent des mules de Canadelo et les garçons passèrent dans les rues déguisés en diable.

Cela fait longtemps maintenant que la coutume du 24 août n’est plus.

Le diable et la diablesse se trouvent désormais à l’entrée de la bibliothèque, Musée Municipal de Albano Sardoeira, comme le symbole d’une tradition disparue de la ville.

 

Origines du couple de diable :

Les moines se servaient de ces diables pour effrayés les ouailles lors des confessions.

Avec leurs caractères sexuels fortement présents et leur aspect païen, on pense qu’ils seraient l’œuvre d’anciens Brahmanes (groupe religieux hindou avec une tendance superstitieuse aborigène).

Ils furent ramenés de lointaines contrées de l’empire portugais qui alors s’étendait jusqu’en Inde, par des marchands lusitains.

Ensemble, ils symbolisent la force créatrice de la Nature.

 


00:09 Écrit par Nettah | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.