13/05/2005

Le vieux, le garçon et l'âne

 

    Il était une fois un vieux, un garçon et un âne.

    Le vieux décida d’aller avec son petit fils jusqu’au marché du village voisin et comme il y avait quelques kilomètres à faire, il décida d’emmener l’âne pour que le voyage soit plus facile.

    Il attela l’âne, prépara une collation pour le voyage et appela son petit-fils qui chassait des lézards près de la maison.

    Il avait pensé que le mieux serait d’aller à deux, petit-fils et grand-père, sur le dos de l’âne mais il avait de la peine pour lui :

_ «Pauvre âne, il est vieux et fatigué ! Le mieux est qu’il n’y en ai qu’un qui monte sur son dos. »

    Alors, il mit son petit-fils en selle et ensuite ils partirent, le vieux marchant à côté de l’animal.

    Après avoir fait à peine quelques mètres, à la sortie du village, ils croisèrent un groupe de femmes qui cueillaient des pommes au bord de la route. Le vieux entendit, alors, ce commentaire :

_ « Regardez, regardez…Le garçon qui est encore tout jeune, va assis sur l’âne et le vieux qui tient à peine sur ses jambes marche à côté…Faut le voir pour le croire !

    Et une autre de rajouter :

_ « Pauvre homme ! »

    En entendant ces paroles, le vieux se dit que ces femmes avaient peut-être raison. Alors, il fit descendre son petit-fils de l’âne et monta à sa place.

    Quelques mètres plus loin, ils passèrent près de deux hommes remplaçant la roue d’une charrette sur le côté de la route.

Ils entendirent un nouveau commentaire :

_ « ‘Faut vraiment oser » dit l’un des hommes « Le vieux va sur l’âne pour ne pas se fatiguer et le pauvre p’tit gamin, encore si jeune, doit aller à pieds… »

_ « Saleté d’vieux ! » dit l’autre homme « Il doit être aussi mauvais qu’un serpent… »

    En entendant ces paroles, le vieux hésita encore une fois. Il fit s’arrêter l’âne, descendit et se mit à réfléchir à ce qu’il allait faire…

_ « Bon…Peut-être que le mieux serait que nous montions tous les deux. Ainsi personne ne pourra plus rien dire."

    Malgré sa vieillesse, l’âne supporta le poids des deux personnes. Et durant quelques mètres, le voyage continua sans problème. Jusqu’à ce qu’une femme accoudée à la fenêtre d’une maison, crie bien fort :

_ « hé vieux, vous n’avez donc aucune pitié de cette pauvre bête qui doit avancer avec deux personnes sur le dos ? »

    Ce ne fut pas la peine d’en rajouter, le vieux et le garçon rempli de pitié pour leur âne, descendirent et marchèrent…Et ils continuèrent le voyage vers le marché en pressant le pas pour ne plus perdre de temps.

    Quand ils entrèrent dans le village, un groupe de marchand commença à se moquer d’eux en éclatant de rire :

_ « Ah, ah, ah ! Regardez ces idiots ! Ils ont un âne, mais ils le traitent comme un prince…ils ne le montent pas pour ne pas le fatiguer…Ah, ah, ah ! »

    Cette fois, le vieux en eu marre des commentaires. Il ne fit aucun cas de ce qu’ils dirent et continua son chemin. Savez-vous quelle est la morale de cette histoire ?

    Voici celle que le vieux expliqua au garçon :

_ « C’est pour que tu saches comment sont les gens : On t’arrête parceque tu as un chien et on t’arrête parce que tu n’en as pas (Expression très courante en Portugais)»

 

Cette histoire a été sans doute mal traduite par la débutante que je suis dans la langue Portugaise mais j’avais envie de la partager. Ce conte est, je crois, un conte traditionnel du Portugal, mon homme (Portugais de souche) connaissait cette histoire. Je l’ai tirée du Batatoon (magazine éducatif portugais) d’avril 2004.

Ce que j’ai toujours aimé dans les contes c’est que derrière leur fausse simplicité, se cachent toutes les questions du genre humain et ils nous donnent des chemins de réponses.

 

Quoiqu’on fasse, il y aura toujours quelqu’un pour critiquer nos actes sans connaître leur pourquoi et leur comment !

Ce n’est pas facile et je dirais même c’est drôlement difficile de s’écouter et d’ignorer les regards et doigts accusateurs en tous genre…ils nous bercent depuis notre plus tendre enfance et on finirait presque par trouver normal de sentir leurs griffes nous lacérer tendrement l’âme !

 

 




02:23 Écrit par Nettah | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Je comprends mieux Au sein de l'histoire le proverbe que tu as mis sur mon blog me paraît plus clair. Il faut absolument que je prenne des cours de Portugais !

Écrit par : sophie | 16/05/2005

heureux emigrés au Portugal!... Chère Sophie, j'ai découvert on site hier soir. J'ai tout lu jusqu'à une heure du matin!...
Bravo, j'aime ton style allègre et sincère. Que d'informations utiles our tout amateur de Portugal et de cicilisation portugaise....
Depuis près de qinze ans s'installer au portugal est un projet qui nous pousuit, Yvonne, mon épouse et moi-même. J'ai tavaillé pendant vint ans pour des agences des nations unies, toujours on the field. Donc...beaucoup de déménagements et de ré-installations. En retraite depuis onze ans, dans les alpes de haute provence, nous sommes entièrenement satisfaits du climat, mais pas du climat social, sociologique, politique. Nous avons besoin d'air frais, de ressourcement,
de renouvellement, d'étonnement...Je sens que nous n'allons plus beaucoup tarder à faire le saut. Doù notre joie de rencontrer Sophie..
au fil de l'eau..du Tage ?
Merci. Bonne continuation, et peut-être à un jour prochain.

Écrit par : raymond stimbre | 27/06/2005

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