31/08/2005

Joyeux Blog day!

Bon ! Apparemment,  aujourd’hui est le jour de saint Blog et il se doit de le fêter dignement. La tradition veut que chaque bloggeur fasse découvrir à ses lecteurs cinq nouveautés bloggiennes ! Alors en avant pour la présentation de mes toutes récentes découvertes !

 

 

 

 

 

 

Click Portugal : un blog portugais dont les photos sont magnifiques.

Maison, sucrée maison : Un blog culinaire dont rien que le titre me donne envie de m’empiffrer de gâteau. Pourtant, il n’y est pas question que de sucreries !

La cuisine de Mercotte : Oui, encore un blog culinaire et non, je ne pense pas qu’à manger ! Ce blog est très élégant, raffiné. J’ai très envie d’essayer son moelleux au chocolat et ses macarons !

2, 3 choses que je sais du Japon : J’aime beaucoup les blogs qui parlent du Japon. Et celui-ci nous offre la possibilité de voir ce pays sous divers angles. Beaucoup de photos intéressantes et de billets sur la culture nippone. Hélas cela fait un petit moment qu’il n’a plus été mis à jour.

J’ai pas sommeil : Le blog d’une Française « plant biologist » exilée en Ecosse.

 

 

Je parle bien ici de mes toutes dernières découvertes, cela n’inclut donc pas mes blogs de prédilections que je lis tous les jours, qui sont en quelques sortes mes blogs de chevet et chez qui je laisse régulièrement ou non des commentaires !!! je tenais à le préciser pour ne froisser personne! ;-)




21:13 Écrit par Nettah | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Correspondance IV

Sur la photo : « Ma grand-mère maternelle »

 

"Alès le 18 juillet 1940

 

     Petite maman,

     Il me semble que depuis que je ne t’ai plus vue, tu me deviens plus chère encore et je puis t’assurer que tu nous manques beaucoup.

     Nous qui étions habitués à nous voir jusqu’à deux et trois fois par jour, tu peux t’imaginer l’impatience qui nous étreint à te sentir si loin et sans ( ?).

     J’essaye par tous les moyens de te faire parvenir de nos nouvelles.

     J’ai écrit à différentes reprises à Caucale et puis en Belgique soit des lettres ou des cartes postales et j’espère que tu as reçu de nos nouvelles.

     La présente lettre, je la remets aujourd’hui même à un monsieur qui retourne en Belgique en lui demandant de la poster aussitôt son arrivée à Bruxelles.

     Quand à nous, nous espérons pouvoir revenir d’ici une bonne quinzaine de jours et je t’assure que nous sommes impatients de savoir comment vous allez.

     Enfin, la petite Fabienne (Je crois que je vois tout en petit pour le moment) est heureuse d’avoir retrouvé enfin son mari et nous sommes heureux de savoir que notre famille n’a pas subi de malheurs dans des moments pareils.

     Maman, au cas où cette lettre te parviendrait avant les autres, voudrais-tu avertir d’abord la tante de Paulette « Madame Charles Bulens », 16 rue de Tilly ainsi que son père, 70 rue Van Dyck que nous sommes en bonne santé.

     Le petit dort pour le moment, autrement j’aurais accompagné ta lettre d’un petit dessin.

     Sache que nous sommes tous en bonne santé aussi bien tante et oncle, Nestor, Marcelle, Roger, Maria et la petite, monsieur et madame Demeese, la maman de Paulette, le petit Robert, Paulette, Georges et moi-même mais dans l’espoir de retour le plus prompte.

     Il parait qu’il y a moyen de correspondre par l’entremise de l’office des réfugiés belges de France 79, Bld Poincarré à Bruxelles.

     Renseigne-toi et si tu juges que cela est encore possible de nous donner de tes nouvelles avant notre départ, fais-le.

     A bientôt j’espère et le plus tôt possible.

     Maman chérie, nous t’embrassons tous avec amour filial

                                                                                                   Paulette-Georges-Robert"

 

 

"Alès 18 juillet 1940

 

     Chère maman,

     Te voilà déjà à Bruxelles parait-il ? Nous avons reçu cette nouvelle par l’intermédiaire de la propriétaire de Caucale.

     J’en suis heureux pour toi et ce qui m’a comblé d’aise c’est d’apprendre que Robert et François sont venus vous chercher eux-mêmes.

     Que ma petite Fabienne devait être heureuse ; elle le mérite parce que sa situation était de loin la plus triste, pauvre petite sœur.

     Je t’assure que c’est à elle que je pensais le plus, d’abord. Parceque je la connais mieux ou qu’elle est de mon âge environ et puis vraiment depuis son mariage, elle a été la plus éprouvée.

     Tant mieux pour elle et embrasse-la pour moi, quand à Robert bien le bonjour de Robert d’Alès où tout ce fait à l’aise.

     Maman nous espérons partir le plus tôt possible afin de nous retrouver tous et sache que pour nous la vie ici n’a pas été difficile et que tout s’est arrangé.

     Aujourd’hui je remets à un monsieur qui retourne à Bruxelles, une lettre pour qu’il veuille bien la poster à Bruxelles au cas où cette lettre-ci ne te parviendrait pas.

     Mais de toute façon maman, il est possible pour toi de nous écrire. J’ai vu aujourd’hui, un jeune homme qui a reçu des nouvelles de Bruxelles et il l’a reçue le 18 soit une semaine après.

     Il faudrait pour cela envoyer ta lettre à l’office des réfugiés belges en France : 79, Bld Poincarré à Bruxelles. Bien entendu ta lettre doit être mise dans une enveloppe avec une adresse en France et timbrée et le tout dans une enveloppe à l’adresse que je te donne.

     Au cas où tu recevrais cette lettre avec retard, juge toi-même si c’est encore nécessaire de nous écrire vu que nous espérons partir d’ici une quinzaine de jours.

     En tout cas, maman, ils nous tardent de t’embrasser et de pouvoir à nouveau nous voir tous les jours comme auparavant.

     Maman à bientôt et nous t’embrassons bien fort.

                                                                                                   Coco, Paulette et Robert

     Bien les amitiés de la maman de Paulette

 

N.B. j’ai écrit plusieurs fois à Caucale et je suppose que ces lettres te seront parvenues par après. Il y avait des dessins de Georges.

A bientôt chère maman."

 


17:00 Écrit par Nettah | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

30/08/2005

 Livres de cuisine...poétiques!

J’aime beaucoup les livres. J’ai une bibliothèque que j’aime voir, toucher, respirer et lire bien entendu. Certains livres sont des souvenirs, d’autres des coups de cœur esthétiques ou littéraires mais je dois avouer que d’un point de vue esthétique, poétique et parfois humoristique, je voue une passion pour les vieux livres en général et pour ceux de cuisine en particulier. Regardez celui-ci, par exemple, il me vient de ma grand-mère paternelle. J’adore le feuilleter, voir cette usure qui fait son histoire et lire ces recettes que je ne tenterai probablement jamais (Je sais, il ne faut jamais dire jamais !). Je trouve ce livre très poétique, lisez plutôt :

 

 

 

 

 

 

 

 

Potage aux nids d’hirondelles (Nhât Phâm Quan Yên)

Poulet bouilli aux grains de lotus (Cà Hâm Hat Sen)

Seiche sautée aux légumes (Mùc Sào)

Poulet sauté aux champignons parfumés (Cà Sào nâm Huòng)

Fleurs de lis aux œufs

 

Salade vietnamienne de méduse aux légumes (Nôm Súá)

De cette dernière, je vous offre la recette :

 

Méduses : Colentérés mobiles dont le corps est gélatineux. Pour la préparation on utilise les méduses provenant de la mer de Chine. Elles sont séchées :

 

1)       Plongez d’abord les méduses dans de l’eau chaude, de préférence l’eau avec laquelle on lave le riz, pendant 2 heures environ ;

2)      Puis trempez et nettoyez avec de l’alcool, soit du Cognac ou du Me Quai Lou (Alcool de riz chinois variant de 50 à 55°) ;

3)      Puis coupez les légumes semblables à ces lamelles de méduses, tels sont :

a)      Les haricots verts,

b)      Germe de soja frais,

c)      La carotte,

d)      Le navet,

e)      Ou du haricot bulbeux ;

4)      Après le coupage des légumes, trempez dans l’eau chaude, puis tordez-les pour avoir plus d’eau ;

5)      Mélangez les méduses coupées en haut, dans une grande assiette avec des légumes coupés ; puis ajoutez des grains de sésame grillés, 2 cuillère à soupe d’huile, un peu de sauce sucrée en mélangeant avec du jus de citron et des feuilles aromatisées.

On obtient une bonne salade en mangeant avec de l’apéritif habituel.

 

Bon appétit !






14:52 Écrit par Nettah | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Correspondance III

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alès le 10 juillet,

    

     Chère petite maman,

     Enfin, je puis à nouveau te donner de mes nouvelles.

     Sache d’abord que nous sommes toujours en bonne santé et j’espère que toi, mes sœurs et mon beau-frère Marc également.

     As- tu reçu ma dernière lettre ?

     En tout cas, rassure-toi sur notre sort ; nous mangeons bien et le petit se porte à merveille.

     J’ai fait quelques photos et aussitôt qu’elles seront développées, je te les enverrai.

     Maman, écris-moi vite et surtout de bonnes nouvelles !

     Et Irène de ( ?) ; Yvonne où est-elle ? Sais-tu quelque chose de Germaine et Aimé ?

     Enfin réponds-moi à ces différentes questions.

     Au cas où Fabienne n’aurait pas encore de nouvelles de Robert, voici une adresse où elle devrait écrire et où elle recevrait une réponse assez rapide parait-il. C’est le colonel d’ici qui a bien voulu me l’a communiquer : « Ministère Défense Nationale : S.P.M.- Vichy. »

     J’ai écrit moi-même cette semaine pour mon beau-père dont on est toujours sans nouvelle ainsi que de Charles.

     A part cela rien de spécial ; le travail continue comme d’habitude et nous ne sommes pas mal à part que nous désirons te voir et reprendre une vie un peu plus normale.

     Bien des amitiés chère maman de ton cadet qui t’aime toujours beaucoup et qui n’a pas encore eu l’occasion de t’oublier, je t’assure.

     Paulette t’embrasse comme une maman et le petit, lui, t’envois un baiser mouillé.

                                                                                                   A bientôt

                                                                                                   Robert




14:09 Écrit par Nettah | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

28/08/2005

Adriana Calcanhoto

 

Il y a quelques temps déjà, une chanson brésilienne passait tout le temps à la radio. Elle me plaisait et je la croyais ancienne mais en écoutant plus attentivement et les affirmations de mon homme aidant, je me suis rendue compte qu’elle ne l’était pas du tout. Oui, je suis une inculte lusophone, je ne connaissais pas Adriana Calcanhoto (Tout comme je ne connaissais pas Fernando Alvim qui m’a été présenté hier et que tout le monde regardait dans la rue comme s’ils venaient de voir Jamel Debouze…Quand bien même pourquoi devenir à moitié fou lorsqu’on voit quelqu’un de connu passer devant soi ? Dites-moi, hein ?Tout est relatif !). Donc oui, je ne connaissais pas cette chanteuse et oui je suis une inculte lusophone ! Mais maintenant, je me rattrape…J’écoute souvent son dernier album « Partim pim » en boucle, il a un je-ne-sais-quoi de joyeux, de suranné et de faussement naïf qui me plait beaucoup.

 

La photo est de Mário Luiz Thompson

 

« Formiga Bossa nova

                  Adriana Calcanhoto

 

Minuciosa formiga

não tem que se lhe diga:

leva a sua palhinha

asinha, asinha.

 

Assim devera eu ser

e não esta cigarra

que se põe a cantar

e me deita a perder.

 

Assim devera eu ser:

de patinhas no chão,

formiguinha ao trabalho

e ao tostão.

 

Assim devera eu ser

se não fora

não querer. »



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26/08/2005

 Correspondance II

Il m’arrive de me demander lorsque je me retrouve face à des images, des récits de guerre, des lettres de gens simples qui vivaient une vie normale et qui se retrouvent face au chaos, il m’arrive, donc, de me demander égocentriquement quel serait mon comportement. Quelles faces cachées de ma personnalité cela révèlerait…serais-je téméraire, héroïque, honnête ou bien lâche, mesquine, cruelle ou un subtil mélange de tout cela? Je me le demande mais je ne souhaite pas le savoir !

 

Je trouve la lettre que vous allez lire très belle, truffée d’humanité. Une belle leçon d’espoir et de lutte contre la noirceur qui vous prend au cœur et vous bouffe jusqu’à l’amertume.

 

 

 

 

"Alès le 14 juin 1940

 

     Chère petite maman,

     J’espère que vous êtes tous encore en bonne santé femmes, enfants et hommes.

     Je voudrais bien que dans ta prochaine lettre, tu me donnes plus de nouvelles et surtout de détails sur votre façon de vivre.

     Ici, à Alès, notre vie s’organise. Actuellement, je ne suis plus convoyeur avec mon oncle Albert.

     Comme il fallait, un employé pour le service de ravitaillement des réfugiés, j’ai été accepté et Roger a pris ma place.

     De cette façon, tout le monde travaille et Roger a trouvé un logement également ; il n’y a plus que tante qui n’est pas casée.

     Encore une bonne nouvelle. Ce jour, j’ai demandé au bureau afin d’avoir une indemnité de nourriture pour le personnel qui ne mange pas au centre d’accueil et nous recevons à partir de cette semaine 10 francs pour notre nourriture. Nous avons de ce fait, 30 francs par jour. Quand à la réquisition du camion, j’ignore encore les conditions mais j’espère que nous pourrons avoir pour chacun encore 10 francs par jour.

     En ajoutant à cela, notre journée, nous aurons chacun 40 francs par jour, sans compter les suppléments de nourriture que nous pouvons faire.

     Donc, du côté matériel tout s’arrange, cela te tranquillisera.

     Quand au moral, le mien est bon comme d’habitude, tu le sais et tu me l’as  reproché suffisamment. Je t’assure que par les temps actuels, cela est nécessaire ; Paulette, d’abord, pour cela commence à se remettre, bien que maintenant, elle est ennuyée depuis l’entrée en guerre de l’Italie.

     J’ai fait différentes démarches, également afin d’avoir des nouvelles de son père ainsi que de son frère. Malheureusement sans suite pour le moment.

     Le petit Georges se porte bien et comme nous habitons en dehors de la ville, soit un peu à la campagne, je puis t’assurer qu’il se trouve à la maison que pour boire, manger et dormir. Le petit Robert, lui n’est plus reconnaissable, il ne fait que manger.

     J’ai su obtenir pour eux, des boites de Nestlé ainsi que des boites de Phoscao (genre d’Ovomaltine).

     Quand à nos voisins, ils sont vraiment charmants.

     Nous avons reçu une table, 5 chaises, un poêle, 2 ressorts, des couvertures et presque tous les jours ; ils nous apportent, des légumes, des pommes de terre, fruits, œufs, enfin beaucoup de choses.

     Par le maire d’Alès, j’ai obtenu également des casseroles, tasses, verres, assiettes, couverts, draps de lit, paillasse, oreillers et je vais essayer maintenant d’obtenir encore quelques couvertures ainsi qu’une petite baignoire pour enfant.

     Bien entendu tous cela ne représente pas notre intérieur mais le principal, vois-tu maman, c’est de pouvoir travailler, manger, dormir et surtout vivre, parceque malgré tout, je désire encore vivre ; cela est peut-être drôle mais j’ai toujours eu des idées bizarres.

     Fabienne n’a pas encore de nouvelles de Robert. J’ignore où elle écrit pour obtenir des renseignements, mais moi on m’a conseillé d’écrire à l’adresse suivante :

                             C.R.I. du C.T.

                             A Gignac-Gard

     Il parait que là se trouve l’état-major belge où une partie ou les bureaux.

     Et pour Germaine et Aimé, toujours pas de nouvelles ainsi que de François ?

     Aussitôt que vous saurez quelque chose faites-le moi savoir.

 

     Maman, j’attends de tes nouvelles le plus tôt possible.

     Beaucoup de baisers de nous tous ainsi que du petit.

                                                                                                   Robert"

 




01:43 Écrit par Nettah | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

25/08/2005

Correspondance I

Mon grand-père était un homme riche de cœur, riche d’esprit mais pas riche de portefeuille! Toute sa vie, il s’est tenu à une certaine philosophie de vie plutôt communiste et à un côté optimiste à toute épreuve. Il ne conduisait pas, usait ses affaires jusqu’à la corde. Il était doux mais fallait pas trop le chercher, ‘y avait des sujets fâcheux (Autres que ses cheveux !). Mais sans doute avait-il ses raisons…L’une d’entre elles, s’appelle certainement « La guerre de 40 ». Lorsque celle-ci a éclatée, il a pris le chemin de l’exode avec sa femme, son fils âgé de cinq ans et d’autres membres de sa famille à bord d’un camion. On m’a raconté que ma grand-mère est devenue malade des nerfs depuis ce temps, Ils devaient courir sur le bord des chemins lorsque des avions passaient et tiraient. Une mère et son enfant en sont morts près d’eux. Ils erraient d’un endroit à un autre vers le sud de la France.

Lorsque la guerre fut finie mon grand-père est revenu un soir à la maison avec une brouette remplie de « Mémorial des Alliés » en remerciement pour ce qu’il avait fait durant la guerre. C’est un énorme livre qui fait toujours son gros effet vu son volume, j’ai hérité d’un volume à sa mort. Depuis, ils n’ont plus jamais voulu parler de la guerre. Mon grand-père n’a plus voulu parler de ses origines et comme la maison communale de Dinant (sa ville natale) a brûlé durant la guerre…

J’aimerais lui rendre un dernier petit hommage en publiant de temps en temps quelques lettres que j’ai de lui sur mon blog, celle-ci parle de leur exode. Ces lettres sont précieuses car elles témoignent d’un temps qui semble tomber peu à peu dans les oubliettes de la mémoire humaine au vu des horreurs qui se commettent encore et encore tous les jours !

 

« Sète le 29.05.40

 

     Chère maman,

     Nous sommes arrivés à Sète dans la région de Béziers et Montpellier depuis mardi et nous espérons bien pouvoir enfin nous fixer d’une façon définitive.

     Je t’assure que cela n’a pas été commode pour arriver jusqu’ici. Mais le principal est d’y être. Jusqu’à présent tout le monde est en bonne santé et nous espérons de même chez vous autres.

     La chose que nous désirons pour le moment, c’est de pouvoir enfin nous fixer quelque part et d’avoir des nouvelles de Caucale, c’est que cela commence à nous sembler long de ne pas avoir de nouvelles de vous autres.

     Aussitôt que je vous aurez fait savoir notre adresse, écrivez-nous de toute urgence. Dans l’espoir de nous revoir parceque je crois que c’est votre désir comme le nôtre.

     Beaucoup de baisers de nous autres tous et à bientôt

 

                                                                                                   Robert et c°

Bien le bonjour de coco (son fils)qui t’embrasse bien fort. »

 

« Alès 1 juin 1940

 

     Chère maman,

     Enfin nous sommes fixés et avant tout, voici mon adresse :

                             Mr H

                             Maison Julian

                             8, Chemin des Prairies

                             Alès-Gard

 

     Nous sommes tous en bonne santé mais quelle histoire avant d’arriver ici.

     Avant de continuer, comment allez-vous également et surtout envoyez-nous vite de vos nouvelles, nous sommes vraiment impatient d’en avoir.

     Figure-toi, maman, que nous avons eu un coup de chance.

     Jeudi nous étions arrivés à Alès et voilà que de nouveau, nous devions partir pour Nîmes.

     A ce moment, le maire de la ville est passé et voyant notre camion sur la place, a demandé où nous allions. Après lui avoir dit que nous devions partir, il nous a proposé de rester à Alès à condition de pouvoir réquisitionner le camion.

     Nous avons accepté et nous avons réussi de ce fait à avoir une place pour mon oncle Albert comme chauffeur de camion ensuite une place pour accompagner le camion pour Nestor et moi-même.

     Nous devons nous occuper du ravitaillement des réfugiés de la région.

     Nous aurons donc toujours de quoi manger.

     Nestor a trouvé un logement ainsi que moi.

     Roger cherche ainsi que tante Elise mais comme nous sommes placés, ils trouveront sûrement.

     Bien entendu, ces logements sont sans meubles, mais les personnes qui habitent à l’entour de chez nous sont très serviables et nous pouvons déjà cuisiner et dormir ce qui est le principal.

      Encore une chose ; mes appointements actuels sont de 20 francs par jour, qu'en penses-tu ?

     Mais j’ai pris cela en attendant afin d’avoir une occupation et le service n’est pas mauvais.

     Il sera peut-être possible d’avoir de l’ouvrage de couture pour Paulette ; enfin, on se débrouillera.

     Maman, j’attends de tes nouvelles avec impatience et dans l’espoir de te voir prochainement, on ne sait jamais. Je t’embrasse encore plus fort qu’avant.

                                                                                                   Robert

Une baise à Bome-Bibie de Coco ainsi que de Paulette. »

 



00:45 Écrit par Nettah | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Aaaah la vie...

_ «Moi, un jour, j’aimerais entrer dans ta tête ? »

_ « Ah oui ? Et pourquoi ? »

_ « Eh bien pour pouvoir voir ton grand-père quand tu rêves à lui !

Parce que moi, je ne l’ai jamais vu et j’aimerais le connaître »

 

Fiston m'a dit ça après avoir vu une photo de mon bon-papa jeune déposée sur un meuble dans l’entrée. Il avait d’abord dit qu’il était beau quand il était jeune.

C’est vrai, il était beau mon grand-père et patient. Il possèdait une beauté douce, élégante. Il avait un visage fin et des cheveux gris argent légèrement ondulés que l’on ne pouvait absolument pas toucher. Il les coiffait soigneusement à l’aide d’un peigne après une friction au Petrolan. Son eau de toilette était « Tabac » et lui allait tellement bien. Il fumait des saint-Michel.

Il me manque.

C’était un véritable ami qui partageait les jeux et les rêves de ces petits enfants…Il passait des après-midi entières à jouer aux cartes avec moi...Je pouvais tout faire sauf le décoiffer!

C’est dommage que fiston ne puisse pas le connaître.

Mais je pense qu’il est là et tous les autres aussi quelque part…

J’espère qu’on ne se trompe pas…

Je me sens parfois perdue…

Tout est embrouillé…

Je vous aime et pense souvent à vous mes fantômes !





00:17 Écrit par Nettah | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

23/08/2005

Proverbes arabes

« Que peut le parfumeur avec le pèteur? »

« Si le bouton du bonnet se plaint du pet, que doit dire le caleçon? »

« Dieu nous garde d'une femme poilue et d'un homme imberbe »

« Il n'y a pas de remède contre la mort »

« Tous les singes ne peuvent être fourrés dans une bouteilles »

« Le tambour ne sonne pas au-dessous du tapis »

« Je ne suis ni teinturier pour reteindre, ni épicier pour augmenter les prix »

« Le plus fou est celui qui tombe et se relève. »

« Jamais ne prospérera un tyran, ni celui qui est maudit par les femmes »

« Qui vaut mieux, un frère ou un ami ? On dit. Celui qui nous est utile »

« Qu’est-ce qui est plus doux que le miel ? Le vinaigre gratis »

« Dans la nuit toutes les femmes se ressemblent »

« La main qui est coupée par la justice, ne cause pas de douleurs »

« Soyez honnête femme, et vous pourrez vous promener parmi les soldats »

Etc…

 

Proverbes arabes issus d’un livre hérité de mon grand-père : « Proverbes arabes » par Anatole de Meibohm  (Edition universitaire d’Egypte).

C’est un recueil que j’aime avoir à porter de main car j’y trouve toujours de quoi alimenter mes pensées et me faire sourire. J’aime voir le proverbe original en arabe et sentir l’odeur caractéristique des vieux livres qui l’entoure.

J’ai pris le parti de peut-être vous faire sourire grâce à ces quelques morceaux choisis…

 


19:55 Écrit par Nettah | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

22/08/2005

Merci Vidou, chérie Vidou et bébé Vidou!

Encore un tout grand merci pour ce joli bouquet qui a prolongé le jour de mon anniversaire !


01:27 Écrit par Nettah | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

19/08/2005

 Le coeur de fiston

Lors de nos promenade nous chantons souvent en choeur cette chanson de Gainsbourg, fiston l'adore! On nous prend pour des fous et qu'est-ce que ça fait du bien!!!! Chanter sous le soleil...Si c'est un luxe, on ne s'en prive pas!
 
Le coeur de bloody Jack
Ne bat qu'un coup sur quatre
Mais sous ses baisers doux
Le tien bat comme un fou

Le coeur de bloody Jack
Ne bat qu'un coup sur quatre
Mais sous ses baisers doux
Le mien bat comme un fou

Dans le noir, je les écoute battre
Je compare nos deux battements
Et tandis que ton coeur en a quatre
Bloody jack en a un seulement

Coeur contre coeur, le coeur bat plus vite
Comme sous l'emprise de la peur
Et tandis qu'en toi le tien s'agite
C'est à peine si j'entends mon coeur

À côté du mien ton coeur me semble
Avoir plus d'angoisse et de ferveur
Les entendrai-je un jour battre ensemble
Bloody jack a-t-il vraiment un coeur ?


21:02 Écrit par Nettah | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

18/08/2005

Stade de Boavista à Porto 07/2005

Etrange rencontre devant Boavista futebol clube!

 

 

 

 


22:19 Écrit par Nettah | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Impatience...

Tous les chemins ne sont pas faciles à suivre mais ces chemins plus tortueux, plus écorchants ne sont-ils pas ceux qui mènent vers une plus forte lumière ?

Ressent-on toujours ce manque du pays d’origine ou s’estompe-t-il lorsqu’on a trouvé sa voie ?

Je me sens plus libre ici mais mes chaînes sont toujours présentes.

Je me sens bien ici mais trop de gens me manquent ! Je ne suis pas toujours très démonstrative mais je montre mon attachement autrement.

Ici, j’ai un peu de mal à m’attacher aux gens, je les aime bien mais je me sens loin d’eux, je n’ai rien vécu d’essentiel avec eux. Je n’ai pas d’expérience marquante, de celles qui vous lie à vie à quelqu’un même éloignés. Tout cela, c’est le temps qui le forge. Et en ce moment, je  me sens plus comme une sorte d’alien qu’on n’ose pas trop approcher de peur de ne pas le comprendre.

C'est vrai, je suis trop impatiente...




19:46 Écrit par Nettah | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

17/08/2005

Fleurs de geishas

Je suis arrivée à la fin de mon sachet de thé "Fleurs de geishas" du Palais des thés. Pourtant, j'ai essayé de le faire durer, de le sortir pour les grandes occasions...mais chez nous, les grandes occasions se trouvent facilement alors voilà, je n'en ai plus!

Ce subtil mélange de thé vert et de fleurs de cerisier est le thé que je préfère. Il est parfumé, généreux...C'est une drogue...Une fois qu'on y a goûté...

Maintenant, je vais devoir économiser pour pouvoir me le commander via le site du palais des thés car de un je ne pense pas pouvoir le trouver ici (Faites que quelqu'un me contredise...Quelqu'un peut-il me contredire?) et de deux déjà que les thés (très,très bons) de ce magasin ne sont pas donnés en rajoutant les frais de port...Ca va me faire mal au portefeuille (Et en ce moment, je peux vous dire qu'il ne pèse pas lourd!)!!!!

Voilà tout ça pour vous dire que ce thé vaut le détour. Comme tous les thés de ce magasin, d'ailleurs.

Connaissez vous le thé des moines? Inspiré d'une recette ancestrale élaborée dans un monastère tibétain, le Thé des Moines est un mélange rare, à la saveur unique. Au Tibet, la légende raconte qu'une communauté de moines préparait dans le plus grand secret un mélange de thé, de plantes et de fleurs. Après quelques jours de macération, les feuilles de thé étaient soigneusement triées et mises de côté. Par cette mystérieuse alchimie, les moines changeaient le thé en or et donnaient au Thé des Moines son parfum exceptionnel.

Ou encore le grand jasmin Mu Dan?Thé rare et façonné en provenance de la province chinoise du Fujian. Ce thé spectaculaire est produit à partir de longs bourgeons argentés et de jeunes pousses tendres, auxquels sont mélangées des fleurs de jasmin fraîchement cueillies. Pour conserver au thé toute sa douceur, ces fleurs sont ensuite délicatement retirées à la main. Bourgeons argentés et jeunes pousses sont liés et cousus à la main avec une fleur d'amarante, avant d'être sculptés en forme de perle. A peine visible lorsque la perle de thé est sèche, le bouton d'amarante est libéré dans la tasse au cours des premières minutes de l'infusion. En s'épanouissant, le thé prend la forme étonnante d'une fleur au coeur rose. Quelques pétales roses se détachent de la fleur et remontent à la surface de la tasse.

Exceptionnel par son travail, ce thé l'est également par sa saveur : un mariage unique de la douceur du thé vert et de la subtilité du jasmin

Je conseil aux amateurs de thé (Et aux autres aussi!) de retrouver encore bien d'autres informations sur l'excellent site du "Palais des thés"

http://www.palaisdesthes.com/fre/index.cgi




23:45 Écrit par Nettah | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Divin!(Suite)

Pour la soirée d’anniversaire, J’avais préparé pas mal de choses à manger.

Mais il fallait, impérativement que cela soit frais.

J’ai opté, entre autre, pour le taboulé tunisien et il a fait l’unanimité. Ils ne connaissaient pas et l’ont adopté !!!

Jusqu’ici, les taboulés que j’avais pu goûter me semblaient en général trop acide. J’ai remédié à cela grâce à la recette suivante :

Il paraît que ces ingrédients sont pour 4 personnes mais franchement  elles doivent avoir un très gros appétit alors !

_ 400 gr de semoule (j’ai utilisé du grain fin)

_ Le jus d’un citron

_ 2 tomates

_ 1 poivrons verts

_ 1 concombre

_ 1 oignon

_ 1 bonne poignée de raisins secs

_ 2 c. à s. de menthe fraîche hachée

_ 1 c. à s. de persil plat haché

_ 6 c. à s. d’huile d’olive.

_ Sel et poivre

 

Premièrement, il faut cuire la semoule selon les indication de l’emballage (Personnellement, j’ai enrobé les grains sec d’un petit peu d’huile avant de les couvrir d’eau bouillante salée). Bien séparer les grains à la fourchette et laisser tiédir.

Pendant ce temps laver les tomates et le poivron.

Couper en très petits morceaux.

Eplucher le concombre et l’oignon et les détailler également en petits morceaux.

Mélanger le jus de citron, l’huile d’olive, la menthe et le persil plat hachés, saler et poivrer.

Verser sur la semoule et laisser gonfler 15 minutes.

Ajouter les dés de tomate, de poivron, de concombre, d’oignon et les raisins secs.

Décorer de feuilles de menthe et mettre dans le réfrigérateur.

Servir très frais.

C’est vraiment très rafraîchissant !




03:02 Écrit par Nettah | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

 Divin!

Dimanche nous avons fêté mon anniversaire à Porto sur la terrasse d’un copain. Il a une énorme terrasse avec une vue imprenable sur la ville. Nous sommes restés là couché dans un hamac ou sur une chaise longue à chanter, mon homme nous accompagnant à la guitare. Nous étions une bonne dizaine à supporter la chaleur en chœur durant une douce soirée. Fiston était vraiment persuadé que les feux d’artifice que nous avons pu voir au loin explosaient de milles couleurs pour moi, pour me souhaiter un très joyeux anniversaire. La nuit m’a fait le cadeau d’une étoile filante et elle m’a offert la vision d’une lune presque irréelle tant elle était belle.

Comme dirait fiston : « La vie est belle, hein maman ? ».

« Oui fiston, la vie peut-être très belle ! »

 

Le lendemain chez ce même ami, le soleil nous a offert, à fiston et moi-même, un spectacle magnifique. Un couché comme je ne me souviens pas d’avoir vu depuis très longtemps. Nous étions couchés l’un contre l’autre dans le hamac, les yeux écarquillés pour ne pas perdre une miette de cette grandeur. Le divin nous a touché du doigt…




02:55 Écrit par Nettah | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/08/2005

Paroles de fiston II

Fiston vérifie toujours avant de monter dans une voiture si ses propriétaires ont bien des airs vagues ! C'est très important les airs vagues en cas d'accident!

 





02:28 Écrit par Nettah | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/08/2005

Miracle!

Mesdames et messieurs, un miracle vient de s'opérer: "Je peux à nouveau poster sur mon blog tout bleu!!!".
Je suis contente!
Vraiment très, très contente...Et j'espère le rester longtemps!!!!!
Le problème maintenant c'est que l'autre blog a peut-être un design qui me plait moins mais il a beaucoup plus de fonctions!
Que vais-je faire? J'vous l'demande? Grand dilemme!
Oui, oui en plus d'être distraite et maladroite...je suis parfois indécise!

Rolala!


18:42 Écrit par Nettah | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |